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Revidor SA, pour le Piolet club Genève, Place de Pont Rouge 5 - 1212  Gd Lancy Genève

Piolet club de Genève

Fondé en 1893

LE MOT DU PRESIDENT









« Prochaine course, samedi 5 juillet : La dent du Chamois

Matériel : Bonnes chaussures de marche. »


Il n’est pas rare dans notre journal de lire ce genre de recommandation lors de la présentation d’une course de montagne par son organisateur. Alors le jour venu, quand nous croisons des coureurs ou des coureuses chaussés de joggings ultralégers, crapahutant tels des chamois, nous nous demandons à quel type d’extraterrestres nous avons à faire, nous qui grimpons paisiblement avec nos semelles Vibram.

 Allons, allons, pas de jugement péremptoire, ce sont des traileurs et comme nous ils aiment la montagne. Pourtant sommes-nous tous aussi tolérants dans notre relation avec ces pratiquants qui privilégient plus la performance sportive que le cheminement contemplatif ?

Dans un article de l’Equipe consacré à ce sujet, Richard Carlon de la FFRandonnée résume assez bien le sentiment que peut éprouver un randonneur vis-à-vis des traileurs. « Le marcheur se voit plutôt comme un hédoniste et un bon vivant, qui prend le temps de profiter de la montagne et considère le traileur comme un consommateur sportif qui parcourt la montagne sans jamais s’arrêter ni s’émerveiller devant les paysages. »

Il faut dire que la multiplication des épreuves de trail et le succès qu’elles rencontrent draine un nombre croissant d’adeptes. En effet beaucoup ont délaissé les disciplines traditionnelles de courses à pied pour se consacrer aux épreuves en montagne. Cette dernière, par conséquent, devient le terrain d’entraînement idéal.

De ce fait, le niveau de fréquentation des sentiers pédestres a augmenté et cela demande un zest supplémentaire de tolérance entre les différentes catégories « d’usagers ». C’est assez comparable à la circulation routière, quand vous ajoutez aux voitures et aux motos, des scooters, des bicyclettes et des trottinettes. Tous empruntent les mêmes voies, mais à des vitesses différentes et tous ne respectent pas toujours le code de la route.

Pour essayer de répondre à la question de départ, je dirais que comme dans toute cohabitation, il faut du respect et de la compréhension. La montagne est un terrain de jeux fantastique, source de plaisir et d’émerveillement. Elle est accessible à tous mais n’appartient à personne. Un sourire, un bonjour contribuent le plus souvent à apaiser les tensions. Pensons-y lors de nos prochaines sorties !

 Michel Bugnon


Marche ou trail, difficile cohabitation ?